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Les immeubles résidentiels ne font plus recette pour les assureurs. Encore récemment dans une phase de croissance, le marché de l’assurance multirisque fait face à la vétusté du parc immobilier. Elle se traduit par une hausse de la sinistralité, mettant à mal la rentabilité de ce type d’assurance. Les compagnies réagissent. Certaines quittent le marché, d’autres augmentent leurs primes ou durcissent leurs conditions de souscription.

La sinistralité dans les immeubles résidentiels est en forte hausse en 2019. Les inondations ou les épisodes de grêle ont joué un rôle dans cette augmentation. Mais la cause principale demeure la vétusté du parc, qui provoque une recrudescence des accidents, dégâts des eaux et incendies.

Assurance multirisque d’immeubles résidentiels : des primes en hausse pour faire face à l’augmentation des sinistres

Depuis plusieurs années, de nombreux nouveaux assureurs sont entrés dans le marché de l’assurance multirisque des immeubles résidentiels. Cela a provoqué une baisse des primes. Mais aussi une baisse de la rentabilité de ce type d’assurance.

« Il est vrai que les primes d’assurance restent peu élevées par rapport aux risques qui sont couverts. Un gros dégât des eaux peut coûter 20 000 €, l’inondation d’un ascenseur 50 000 €. L’assurance multirisque immeubles n’est pas à son vrai prix aujourd’hui. Les assureurs qui sont confrontés à davantage de sinistres voient leur rentabilité baisser et relèvent donc le niveau des primes », expose Francis Bourriaud, président de Syndicalur.

« Certains assureurs dommages, habitués à tarifer des sinistres graves pour les risques industriels, ont pensé qu’ils pouvaient appliquer le même modèle tarifaire à la branche immeubles et se sont retrouvés dans l’incapacité de payer la fréquence. Pour les risques industriels, les deux tiers de la charge sont causés par des sinistres graves de plus de 150 000 €. Dans la branche immeubles, c’est exactement l’inverse. Les deux tiers de la charge proviennent de sinistres attritionnels coûtant jusqu’à 30 000 voire 50 000 € », détaille Philippe Gaillard, directeur dommage d’Axa France.

2020, année charnière

De nombreuses compagnies révisent donc leurs contrats multirisque. Dans les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille), les assureurs jouent sur les intercalaires et les honoraires des syndics pour sauvegarder leurs marges. Dans les petites et moyennes villes, les primes augmentent. D’autres compagnies se désengagent purement et simplement, comme HDI, filiale de l’allemand Talanx (qui a pourtant compté jusqu’à 5% du marché). Certains assureurs délaissent les immeubles les plus anciens ou les HLM.

« Cette année est charnière : les compagnies revoient leur politique de souscription et leur politique tarifaire. Elles opèrent des majorations sur l’ensemble du parc. Mais ce mouvement de redressement tarifaire n’est pas uniforme d’une compagnie à l’autre, ce n’est pas encore une tendance globale », conclue Stéphane Grandchamp, directeur de Verlingue Immobilier.

 

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