Le 24 septembre dernier, Google fêtait les vingt ans du lancement de son moteur de recherches, devenu le plus célèbre au monde. Imaginé par deux étudiants de Stanford, Larry Page et Sergey Brin, il allait révolutionner la recherche internet. 

Avec une idée simple : avant Google, les systèmes classaient les résultats selon le nombre de fois où le mots-clé apparaissait sur une page. Page et Brin vont peaufiner le système en analysant aussi les relations entre les pages (les fameux liens) pour affiner la pertinence. Une idée révolutionnaire qui va permettre au moteur de recherches d’écraser petit à petit la concurrence.

70 000 questions posées à la seconde dans le monde

Depuis, sa domination est sans partage. Selon les données de Visual Capitalist, Google est de loin le plus populaire des moteurs de recherche : en février 2018, il détenait plus de 90 % des parts de marché, YouTube et Google Maps inclus. 

Chaque jour, les internautes effectuent des milliards de requêtes. Le site internet Live Stats a même calculé que près de 70 000 questions sont posées à Google chaque seconde… Une fréquentation colossale, à partir de services gratuits, qui lui permet de récupérer des données puis de les revendre aux annonceurs.

La pub, une poule aux œufs d’or de 21 milliards de dollars en 2017

Son leadership a permis en 2017 à la maison-mère, Alphabet, qui emploie près de 90 000 personnes dans le monde, de réaliser 111 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont 86% sont générés par la publicité. Une source de profit qui ne cesse de progresser : rien qu’en 2017, les revenus publicitaires de Google ont encore augmenté de 19% sur un an, pour atteindre 21,4 milliards de dollars. Une véritable poule aux œufs d’or. 

Des résultats, année après année, qui ont permis à Google d’étoffer son offre avec de nouveaux produits comme la messagerie Gmail, les cartes Maps, le système d’exploitation mobile Android, le navigateur internet Chrome… Ou d’acquérir la plateforme de partage de vidéos YouTube. Au point de devenir une des plus grosses multinationales de la planète, capable d’investir massivement dans la recherche et le développement.

Une hégémonie qui semble sans limite

Jusqu’où ira Google ? C’est la question que de nombreux spécialistes se posent. Car la firme américaine, souvent critiquée et parfois même mise à l’amende, pour son hégémonie, semble sans limite, malgré les efforts des régulateurs. 

En 2017, l’Union européenne lui a d’abord infligé une amende de 2,4 milliards d’euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne, en favorisant son comparateur de prix « Google Shopping ». Rebelote en 2018 avec une sanction cette fois de 4,34 milliards d’euros pour abus de position dominante d’Android. Des amendes record qui ne semblent pas faire vaciller le géant du web.

La presse traditionnelle l’accuse d’être son fossoyeur, captant lectorat et recettes publicitaires ? Le président américain Donald Trump affirme qu’il manipule ses résultats de recherche pour bâillonner les voix conservatrices ? Google se contente de démentir, comme si ces attaques ne pouvaient faire dévier le groupe, aux ambitions démesurées, de son grand dessein : devenir le maître du monde.

Demain, devenir Dieu à la place de Dieu

L’économiste Olivier Babeau en est en tout cas persuadé. Celui qui est par ailleurs président fondateur du cercle de réflexion Sapiens, affirmait récemment que Google « veut devenir Dieu à la place de Dieu ». Tout simplement. Pas étonnant que cette immense agence de publicité développe aujourd’hui toujours plus de services (Google car, enceintes connectées) destinés à entrer dans la vie quotidienne de l’Homme du XXIe siècle, puis à le rendre dépendant. 

« Le groupe veut changer le monde. Il est au service d’une idéologie qui vise à transformer l’humanité en utilisant toutes les possibilités données par la science pour « améliorer » l’être humain », explique Olivier Babeau.

Google investit aujourd’hui pour supprimer la mort

Une analyse qui s’appuie sur des faits réels : Google vient en effet d’investir dans la société Calico, dont le but est de lutter contre le vieillissement et de tuer… la mort. Comme si c’était une simple maladie qui peut se soigner avec un vaccin.

De tels projets nécessitent énormément de moyens en termes de recherche. Mais le géant du web est riche, très riche. Si bien que certains considèrent aujourd’hui que le groupe a pris tellement d’avance sur la concurrence, pouvant acheter et absorber n’importe quelle innovation menaçante, que son règne ne fait que commencer. Pour se rassurer, d’autres rappellent qu’aucun monopole n’a jamais tenu éternellement. Tout va si vite dans les technologies : Nokia, qui semblait intouchable au début des années 2000, est aujourd’hui en perte de vitesse. Aucun maître du monde n’est resté longtemps inattaquable. En tout cas jusqu’ici…

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