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Facebook propose désormais deux enceintes connectées Portal et Portal +

Facebook vient à son tour de se lancer sur le marché des enceintes connectées, en faisant le choix de l’Intelligence artificielle d’Alexa pour ses enceintes baptisées Portal et Portal +. Une nouvelle étape dans la guerre commerciale que se livrent Amazon, Google et Apple, sur un marché qui plébiscite les partenariats afin d’offrir les meilleurs services aux consommateurs. Et dont les grands absents sont les Européens… 

La rumeur enflait depuis des mois, elle est devenue réalité début octobre. Facebook vient à son tour de présenter ses deux premières enceintes connectées, baptisées Portal et Portal+.

Petit avantage sur la concurrence, les deux enceintes sont équipées d’un écran, respectivement de 10 et 15 pouces. Elles permettent de passer des appels vidéos, notamment via Facebook, et d’écouter Spotify, iHeartRadio ou encore Pandora.

Une question de prix et de qualité de l’interface

Le réseau social a surtout fait le choix d’accompagner ses assistants vocaux de l’intelligence artificielle d’Alexa. Il s’agit de l’intelligence artificielle développée par Amazon et ce au détriment de Google Assistant. Si le succès de Portal et Portal +, vendus pour l’instant uniquement aux Etats-Unis à 199 et 349 dollars, est loin d’être assuré, le choix de Facebook de favoriser l’IA d’Amazon a relancé la guerre des enceintes connectées.

Une guerre qui fait rage entre les différents acteurs, essentiellement américains (Google, Amazon, Apple). Elle cache en réalité des enjeux industriels majeurs pour l’univers de la grande consommation. Du coup, il ne se passe plus une semaine sans une nouvelle annonce d’un partenariat noué autour de l’une des enceintes connectées.

Si la France reste encore à l’écart du phénomène, en raison de la difficulté pour l’intelligence artificielle de maîtriser les spécificités du français, cet accélération témoigne du déploiement des assistants vocaux dans les maisons américaines, chinoises ou sud-coréennes. Au-delà du prix, homogène en dehors de l’offre d’Apple, le choix des consommateurs va évidemment se porter sur la qualité de l’interface et des réponses fournies par l’intelligence artificielle.

Offrir plus de services aux utilisateurs de Portal et Portal + 

Mais un autre critère sera décisif : la pluralité des services offerts. Les opérateurs se voient donc dans l’obligation de nouer des partenariats pertinents pour accompagner les usages quotidiens des consommateurs. Ainsi, parmi les principaux : s’informer, se connecter, lire des vidéos ou écouter de la musique… Même si pour les spécialistes, c’est la possibilité offerte à l’utilisateur de faire du shopping qui permettra à l’un des acteurs de s’imposer. Le réseau de distribution aura donc un impact considérable sur les parts de marché, ce qui permet aujourd’hui à Google de challenger Amazon.

Pour preuve, le célèbre moteur de recherches vient de détrôner Amazon au second trimestre 2018 sur le marché des « mini » enceintes connectées. Sur cette période, le modèle Google Home Mini représente 20 % du marché mondial, avec 2,3 millions d’unités écoulées. Soit environ 100 000 de plus que l’Echo Dot, le modèle similaire d’Amazon. Mais si l’on additionne les ventes du modèle Echo, le géant de l’e-commerce reste leader du marché des enceintes connectées. Les parts de marchés s’élèvent à 30% pour les deux modèles.

Les Européens à la traîne, les Chinois se préparent

Seul Apple, à son habitude, rompt avec cette stratégie de partenariats, en limitant ses modèles à son univers. Ainsi le HomePod, lancé en juin dernier en France, est un bel objet. Il est excellent pour la diffusion de musique, mais il ne peut être configuré qu’avec un Iphone ou un iPad. Impossible avec un téléphone ou une tablette tournant sous Android… Pour écouter de la musique et contrôler l’enceinte à la voix, la même contrainte existe. Ainsi, il faut obligatoirement avoir un compte Apple Music ou passer par iTunes ou MusicMatch. Résultat, Spotify et Deezer sont inutilisables. Pas sûr que cette stratégie soit toujours dans l’air du temps…

Une certitude, l’avance américaine dans les enceintes connectées semble désormais irrémédiable. Dans cette bataille technologique qui engage notre façon de consommer dans un futur très proche, les acteurs européens restent absents. Et en particulier la France. Résultat : chaque partenariat signé par un acteur européen de la distribution ou de l’entertainement renforce aujourd’hui les géants américains, tout en limitant la possibilité de voir émerger, demain, un modèle d’assistant vocal made in Europe.

D’autant plus inquiétant que les marchés asiatiques sont eux extrêmement matures sur le sujet. Au point qu’il est assez probable que Alibaba ou Xiaomi, par exemple, viennent un jour s’imposer sur ces marchés.

Découvrez l’enceinte de Facebook 

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