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Après l’industrie de la musique avec Spotify et Deezer, puis celle du cinéma avec Netflix, c’est au tour du monde du jeu vidéo d’amorcer un virage historique. Google vient en effet d’annoncer la création de Stadia, un cloud gaming disponible à la demande pour tous les appareils équipés de Google Chrome. Une révolution, qui signerait la fin du jeu vidéo avec consoles ? Rien n’est moins sûr.

Une nouvelle ère vient peut-être de commencer pour le jeu vidéo. Lors de la dernière Game Developers Conference, qui s’est tenue en mars à San Francisco, Google a annoncé le lancement d’un nouveau service de Cloud gaming, google stadia - Blog SFAMbaptisé Stadia. Ce Deezer du gaming permettra de jouer en streaming aux jeux les plus récents sur un ordinateur, une tablette, un smartphone et même une bonne vieille télévision. Adieu les consoles ! Selon Google, Stadia sera disponible en France dans le courant de l’année 2019, avec un modèle d’abonnement qui reste secret.

Un jeu immédiatement disponible

 Une véritable révolution dans le monde du gaming. Avec ce Cloud, fini le temps de chargement ou l’installation sur disque dur. Le jeu est disponible immédiatement, en 4K, et il sera même possible de passer d’un appareil à un autre, sans transition, grâce à une simple connexion internet. De quoi faire trembler les géants historiques du jeu vidéo, même si Sony a anticipé le phénomène en créant il y a cinq ans le service en streaming PlayStation Now.cloud gaming - Blog SFAM

Si le modèle économique de Google n’est pas encore très clair (coût du service, rémunération des développeurs…), le marché du jeu vidéo en streaming a ouvert l’appétit de nombreux acteurs mondiaux de l’entertainment. Il y a un an, Microsoft avait déjà annoncé son projet Cloud de jeux Xbox accessibles en streaming, via un abonnement, depuis n’importe quel support. Des tests publics de ce service, baptisé Project xCloud, devraient être organisés cette année par Microsoft qui annonce déjà moins de 10 millisecondes de latence pour le streaming.

Le catalogue d’exclusivités fera la différence

 Même stratégie pour NVIDIA. Le fabricant de cartes graphiques vient de présenter des jeux en réalité augmentée et en réalité virtuelle qui tourneront à distance sur des serveurs équipés de cartes RTX et qui seront disponibles sur la plateforme de streaming GeForce Now. Plus besoin d’être équipé de la dernière carte graphique pour profiter des jeux en VR les plus sophistiqués. Un simple abonnement suffira pour les afficher dans des conditions parfaites.

En France, c’est la start-up Blade qui est leader du marché avec Shadow, son service de cloud computing lancé en 2015. L’enjeu pour les nombreux acteurs du marché sera simple dans les années à venir : c’est celui qui possédera le plus beau catalogue d’exclusivités qui sortira vainqueur de la bataille.

Pas avant la généralisation de la 5G

Reste que les limites à la suprématie du cloud gaming sont nombreuses et bien réelles. La première tient à la bande passante nécessaire :  impossible de démocratiser le jeu vidéo sans consoles avant l’arrivée de la 5G, prévue en 2020 en France. Google aura ainsi besoin d’un débit de 30 MB/s pour pouvoir jouer aux jeux de son service Stadia en 4K.

Or, à l’heure actuelle, la plupart des internautes français se contentent d’un débit de 15 à 20 MB/s. Ces plateformes qui ne seraient pas non plus utilisables dans le train ou l’avion, seront donc difficilement accessibles à tous avant quatre ou cinq ans, quand la 5G aura couvert l’ensemble du territoire.

Pour une utilisation satisfaisante du service, la proximité des serveurs des entreprises de jeux vidéo sera également déterminante, peut-être plus encore que la connexion internet des abonnés. En effet, plus le flux vidéo doit faire de chemin avant d’atteindre l’écran, plus le risque de latence est grand. Et la latence, c’est l’ennemi n°1 du joueur. Elle est même intolérable pour un jeu en réalité virtuelle, car elle peut provoquer des nausées…

5G cloud gaming - Blog SFAM

Empreinte carbone et protection des données

Les conséquences pourraient être d’autant plus importantes en termes d’impact environnemental, car les data centers sont des gouffres énergétiques. Selon une récente enquête de chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL), l’activité du jeu vidéo à l’échelle mondiale utiliserait chaque année la production de dix réacteurs nucléaires… Combien de centrales faudra-t-il demain avec la généralisation du cloud gaming, dont l’empreinte carbone devrait être colossale ?

La démocratisation du jeu vidéo en streaming ne sera de toute façon possible que si la protection des données du joueur est totalement sécurisée. L’attitude de Google, qui occupe déjà un quasi-monopole dans la collecte des données et de la publicité ciblée sur internet, est particulièrement attendue. Réponse dans quelques semaines pour le lancement de Stadia.

Une véritable révolution dans le monde du gaming. Avec ce Cloud, fini le temps de chargement ou l’installation sur disque dur (si toutefois vous souhaitez conserver votre disque dur pour installer vos jeux, la SFAM vous propose une liste des meilleurs disques durs externes pour PS4).

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