Cortana - Blog SFAMSelon un récent sondage, 25 % des Français de moins de 35 ans pourraient utiliser les assistants conversationnels comme simple ami. Un résultat qui peut faire sourire, mais qui cache pourtant un véritable problème social touchant les jeunes comme les personnes âgées : la solitude. Alors, les Français délaisseront-ils le contact humain au profit du virtuel ? Si nous n’en sommes pas encore là, les experts prédisent tout de même une explosion du marché des assistants vocaux dans les années à venir…

Alexa, Cortana ou Siri : retenez bien ces noms, ce sont peut-être ceux de vos futurs amis. Ces assistants virtuels, développés respectivement par Amazon, Microsoft ou Apple, nous facilitent déjà la vie en nous aidant à nous réveiller le matin, noter des rendez-vous ou faire des recherches sur le Web. Demain, ils pourraient faire partie du cercle de nos proches.

2 millions de 15-30 ans se sentent seuls en France

 C’est en effet ce qui ressort d’une enquête menée en France au début de l’été par Havas Paris. Un quart des Français de moins de 35 ans interrogés estiment qu’ils pourraient utiliser ces assistants conversationnels comme « simple ami, pour parler de choses et d’autres et avoir de la compagnie ».

Incroyable ? Pas tant que ça, puisque la solitude fait des ravages dans notre pays, notamment au sein de la génération Y. Selon une étude du Crédoc pour la Fondation de France, parue en 2017, plus de deux millions de Français âgés de 15 à 30 ans reconnaissent souffrir de solitude. Un chiffre qui ne devrait cesser de progresser dans un futur proche avec l’hyperconnectivité des jeunes générations.

Au Japon, un personnage de manga comme assistante

Le phénomène est d’ailleurs mondial. Ainsi, un tiers des Américains âgés de moins de trente ans est déjà convaincu de pouvoir tisser des relations amicales avec un assistant vocal. Au Japon, un pays où certains hommes esseulés louent même des ami(e)s, le temps d’une après-midi pour tromper leur solitude, la société Vinclu vient de dévoiler son tout nouveau modèle d’assistant : Azuma Hikari.

Développé avec l’entreprise Gatebox, spécialisée dans les technologies 3D, un hologramme diffusé par une enceinte se présente sous la forme d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, ressemblant à un personnage de manga. Si elle est là pour réveiller son propriétaire ou envoyer la musique qu’il aime, comme les autres assistants, Azuma Hikari a également sa propre personnalité, des goûts, des envies. Et même des émotions : elle redoute par exemple les insectes. La cible de ce gadget, volontairement humanisée pour permettre aux personnes seules de disposer d’une présence à la maison : les hommes qui passent toute leur vie au travail et n’ont aucune vie sociale.

« On est loin de la richesse d’une conversation profonde »

Pour l’instant, cette technologie n’est commercialisée qu’au Japon et aux États-Unis. La France attendra. Mais difficile d’imaginer que les Français resteront à l’écart de cette évolution technologique, même si les spécialistes en Intelligence artificielle sont prudents.

« On a tendance à surestimer la qualité de l’expérience utilisateur des agents conversationnels tels qu’ils existent aujourd’hui, même des meilleurs. Même si on a fait des bonds en matière de langage naturel, on est loin de la richesse d’une conversation profonde », déclarait ainsi Nicolas Miailhe, cofondateur et président de l’association The Future Society, au magazine L’Express il y a quelques semaines.

 Utiles pour combattre la solitude des personnes âgées

 Pourtant, en France, l’utilisation de ces assistants connectés pourrait bien se développer auprès d’une cible un peu plus âgée. L’association Les Petits frères des pauvres a récemment recensé près de 300 000 personnes de plus de 60 ans vivant dans un isolement extrême. Sans compter celles qui, même si elles ne sont pas complètement désocialisées, passent de longues heures seules chez elles.

Pour cette tranche de la population, le développement de la domotique (pour assurer sa sécurité) devrait s’accompagner d’un boom des assistants vocaux. La raison est simple : les seniors, qui ne sont pas nés avec un smartphone dans la main, contrairement aux digital natives, apprécient la simplicité d’utilisation des assistants connectés. Il est bien plus pratique pour eux de poser une simple question, que d’aller sur internet et trouver le site qui réponde, précisément, à leur demande… Sans compter ceux qui ont du mal à se déplacer ou une vue fatiguée, et qui préfèrent s’appuyer sur leur assistant pour, par exemple, allumer la lumière d’une pièce.

Près de 10 % des 55-64 ans parlent déjà à leur assistant

 Demain, toutes les personnes âgées pourraient donc être connectées à un assistant virtuel comme Azuma Hikari, qui, plus qu’un ami, sera aussi un allié. D’autant que cette nouvelle technologie n’en est qu’à ses prémices.

Ce n’est pas de la science-fiction : selon un récent sondage réalisé par Numerama, un site spécialisé sur le numérique, 9 % des personnes âgées entre 55 et 64 ans parlent déjà régulièrement avec un objet connecté. Alors que seulement 7 % de l’ensemble des Français le font actuellement. Le futur est déjà là et ce sont les seniors qui en sont les précurseurs.

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