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Et si c’était le mal du siècle ? L’addiction au téléphone portable est devenue une pathologie si inquiétante qu’elle porte désormais un nom : la nomophobie. C’est sans compter sur les opérateurs et autres revendeurs de smartphones qui y vont bon train pour trouver des arguments de vente qui font déculpabiliser cette relation smartphone/humanité : « achetez un smartphone indestructible pour réduire la surconsommation », « craquez pour un smartphone fabriqué en France pour irriguer les entreprises locales ». Comme si nous ne pouvions plus vivre heureux sans notre mobile et que l’acte d’achat de ce dernier pouvait impacter positivement sur le « agir pour bien vivre »… Signaux alarmants et solutions pour s’en sortir, la SFAM vous dit tout sur la névrose contemporaine qu’est l’addiction aux smartphones et que certains spécialistes comparent à l’addiction à la drogue…

Depuis quelques années, le 6 février a lieu la journée mondiale sans smartphone. Ne riez pas : le phénomène d’addiction au téléphone portable est devenu un problème préoccupant pour une importante partie de la population mondiale. Au point de donner naissance au mot nomophobie, contraction de « no mobile phone phobia », qui vient d’être élu mot de l’année 2018 par le très réputé comité du Cambridge Dictionnary.

Addiction au smartphone : l’angoisse de se retrouver sans mobile

La nomophobie définit l’angoisse ressentie à l’idée de se retrouver sans smartphone, ou pire, d’être dans l’impossibilité de s’en servir… Une névrose contemporaine qui reflète le caractère pathologique de la relation que nous entretenons avec notre téléphone mobile. 

« Notre rapport au téléphone a beaucoup évolué ces dernières années, car il fait désormais tellement de choses qu’il devient un auxiliaire neurologique indispensable pour beaucoup d’entre nous », estime Stéphanie Bertholon, co-fondatrice du Centre de Traitement du Stress et de l’Anxiété. 

Il suffit en effet d’observer le comportement des individus dans les transports en commun ou les salles d’attente pour s’en rendre compte : rares sont les personnes qui ne sont pas absorbées par leur smartphone. « Comme si c’était compliqué d’attendre voire de s’ennuyer » poursuit la psychologue.

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Les signes de l’addiction au smartphone ou de la nomophobie

La nomophobie toucherait essentiellement les jeunes de 18 à 25 ans selon plusieurs études américaines, qui l’associent à une fuite permettant d’échapper à la réalité. D’une certaine manière, le smartphone rendrait intolérant aux incertitudes en créant l’illusion d’avoir toutes les réponses à portée de main. En pratique, ce dernier aurait un impact très négatif sur la confiance en soi, en réduisant la capacité de chacun à agir, estiment de nombreux psychologues.

Mais à quel moment peut-on dire que l’on est atteint de nomophobie ? Comme pour toute addiction, cela se matérialise par une perte de contrôle sur l’objet. Jouer dix heures par jour à Candy Crush ou répondre à un SMS au volant sont des signes de cette perte de contrôle. Autre élément révélateur : la sensation d’angoisse ou de vide créée par l’oubli de son portable. Sans compter les dommages sociaux. Selon plusieurs spécialistes, il est plus que temps de s’inquiéter quand on préfère passer deux heures sur Twitter plutôt que d’aller boire un verre avec des amis…

L’addiction au smartphone, comparable à l’addiction à la drogue

Selon des chercheurs californiens, les symptômes de la nomophobie seraient d’ailleurs en tous points comparables à ceux de l’addiction à la drogue. En analysant le comportement de 135 étudiants de l’Université de San Francisco, ils sont parvenus à démontrer que la majorité d’entre eux étaient en permanence en train de réaliser deux tâches en même temps : travailler et regarder leur téléphone, manger et regarder leur téléphone, etc. Un « multi tasking » des utilisateurs de téléphones mobiles, sous emprise, qui a pour conséquence de limiter la productivité et d’empêcher le corps de se régénérer. 

Heureusement, des solutions existent pour lutter contre cette addiction et réduire les troubles liés à l’usage intensif du mobile.

De nombreux chercheurs préconisent ainsi quelques mesures simples, qui font appel au bon sens. Il suffit par exemple de couper les notifications sans importance pour éviter que notre smartphone éveille trop régulièrement notre curiosité. On peut même aller plus loin en planifiant à certaines heures de la journée la consultation de nos mails ou des réseaux sociaux. Une contrainte qui peut s’avérer salvatrice.

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50 nuances de gris pour prendre du recul

D’autres ont des idées plus originales pour réduire l’addiction au smartphone, comme cet ancien employé de Google qui a créé l’organisation Time Well Spent (« le temps bien utilisé ») pour lutter contre la crise de l’attention générée par les mobiles. Son idée ? Passer l’écran de son téléphone en nuances de gris. En effet, les couleurs vives des applications activeraient certaines régions bien précises de notre cerveau. Dès lors, pas étonnant que le rouge soit omniprésent, cette couleur étant reconnue en neuro-marketing comme particulièrement attractive.

Et visiblement, ça marche, puisque faire passer son écran en gris permettrait de diviser par deux l’utilisation de l’appareil. Au point que cette tendance au « go grey » est actuellement en plein boom dans la Silicon Valley, là même où la majeure partie des nouvelles applications mobiles voient le jour.

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